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	<title>Terres Inconnues</title>
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	<description>De nouveaux mondes</description>
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		<title>Les perles des Scaldes</title>
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		<pubDate>Fri, 21 May 2010 18:47:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le monde connu]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a bien longtemps, quelqu&#8217;un passait écrire quelques mots par ici&#8230;
Cette époque n&#8217;est pas révolue, je suis toujours en vie. Pêle mêle, qu&#8217;est-ce qui s&#8217;est passé ce mois-ci? Eh bien maintenant pour poster un commentaire, il vous faut rentrer un captcha, la faute à des bots qui se sont amusés à venir flooder un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a bien longtemps, quelqu&#8217;un passait écrire quelques mots par ici&#8230;</p>
<p>Cette époque n&#8217;est pas révolue, je suis toujours en vie. Pêle mêle, qu&#8217;est-ce qui s&#8217;est passé ce mois-ci? Eh bien maintenant pour poster un commentaire, il vous faut rentrer un captcha, la faute à des bots qui se sont amusés à venir flooder un peu. J&#8217;ai fini de relire mon roman, et ai renvoyé cette nouvelle version à mon éditeur, y&#8217;a plus qu&#8217;à attendre son retour. J&#8217;envisage de modifier le message de bienvenue du site et je planche sur un paquet de projet persos, peut-être que ca me fournira l&#8217;occasion de vous proposer un nouveau texte d&#8217;ici quelques temps.</p>
<p>Mais revenons à la vrai raison de cette news! Le collectif hydrae vient tout juste de sortir son nouveau recueil de perles. Cette fois, ce sont 26 textes de 540 signes chacun qui vous attendent, alors n&#8217;hésitez plus! De surcroît, vous pourrez même retrouvez quelques mots de moi</p>
<p><a title="Perles des scaldes" href="http://collectif-hydrae.wifeo.com/les-autres-projets.php">Les perles des Scaldes</a></p>
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		<title>Déchéance / Rédemption</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Mar 2010 12:36:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume</dc:creator>
				<category><![CDATA[Appel à textes]]></category>
		<category><![CDATA[Le monde connu]]></category>

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		<description><![CDATA[Je relaie ici l&#8217;appel à textes de mots&#38;Légendes, pour sa prochaine publication papier :
Avec pour objectif la création de sa  maison d&#8217;édition, Mots &#38; Légendes vous invite à écrire sur le double  thème de la Déchéance et de la Rédemption. Vos récits peuvent se  concentrer sur l&#8217;un des deux aspects du thème [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je relaie ici l&#8217;appel à textes de mots&amp;Légendes, pour sa prochaine publication papier :</p>
<p><span style="font-style: italic;">Avec pour objectif la création de sa  maison d&#8217;édition, Mots &amp; Légendes vous invite à écrire sur le double  thème de la Déchéance et de la Rédemption. Vos récits peuvent se  concentrer sur l&#8217;un des deux aspects du thème ou bien raconter le  passage de l&#8217;un à l&#8217;autre. Qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;un monde, d&#8217;un peuple, d&#8217;un  homme, d&#8217;une femme ou d&#8217;une créature imaginaire à vous de choisir si la  Déchéance sera totale ou si la Rédemption sera finalement accordée&#8230; </span></p>
<p>-  Support : anthologie papier, publication à compte d&#8217;éditeur<br />
-  Échéance : le 10 juillet 2010<br />
- Votre nouvelle doit être inédite<br />
-  Genre : Fantasy, Science fiction et Fantastique<br />
- Nombre de  caractères maximum : entre 10.000 et 80.000 (espaces comprises)</p>
<p>Pour  la présentation, insérez dans l&#8217;en-tête de votre fichier texte (.doc,  .rtf ou .odt) votre nom, votre adresse email, le nom de votre nouvelle  et le numéro de page.</p>
<p>Texte à envoyer à : <!-- e --><a href="mailto:appel_a_textes@motsetlegendes.com">appel_a_textes@motsetlegendes.com</a><!-- e --></p>
<p>A vos claviers !</p>
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		<title>Une Bonne nouvelle</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Feb 2010 22:08:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume</dc:creator>
				<category><![CDATA[Appel à textes]]></category>

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		<description><![CDATA[J’ai appris il y a quelque jours que ma nouvelle ‘le prix des machinations’ avait été retenue pour l’appel à texte Révolution de Mots&#38;Légendes. C’est un très grand plaisir pour moi, surtout quand on connaît la qualité des numéros précédents. De plus, Révolution devrait être un opus un peu à part du webzine, puisqu’il était [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’ai appris il y a quelque jours que ma nouvelle ‘le prix des machinations’ avait été retenue pour l’appel à texte Révolution de <a href="http://www.motsetlegendes.com/">Mots&amp;Légendes</a>. C’est un très grand plaisir pour moi, surtout quand on connaît la qualité des numéros précédents. De plus, Révolution devrait être un opus un peu à part du webzine, puisqu’il était originellement prévu pour une publication papier.</p>
<p>Et sans attendre, voici le sommaire !</p>
<p><strong>Le prix des machinations</strong> de Guillaume Dalaudier<br />
<strong>Les Rois nous saoulaient de fumée</strong> de Gabriel Féraud<br />
<strong>Hors les murs</strong> de Outchan’ Yol<br />
<strong>Oxyde de Magie</strong> d&#8217;Anthony Boulanger<br />
<strong>Les Révolutions du Serpentaire</strong> d&#8217;Anthony Boulanger</p>
<p><strong>Les prix de la trahison </strong>en attente de validation</p>
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		<title>La donneuse de perles bientôt chez vous !</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Feb 2010 17:39:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume</dc:creator>
				<category><![CDATA[Romans]]></category>

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		<description><![CDATA[Mais qu’est-ce qui peut bien se cacher derrière ce titre au premier abord énigmatique ? Ma foi, une très bonne nouvelle ! J’ai signé cette semaine un contrat d’édition pour mon dernier roman, la ‘donneuse de perles’. Si tout va bien, la parution devrait arriver pour Noël de cette année aux éditions In Octavo. Quoi qu’il en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mais qu’est-ce qui peut bien se cacher derrière ce titre au premier abord énigmatique ? Ma foi, une très bonne nouvelle ! J’ai signé cette semaine un contrat d’édition pour mon dernier roman, la ‘donneuse de perles’. Si tout va bien, la parution devrait arriver pour Noël de cette année aux éditions In Octavo. Quoi qu’il en soit, comptez sur moi pour vous abreuver des aléas qui ne manqueront sans doute pas de survenir d’ici là.</p>
<p>J’entends qu’on s’interroge. Ca a l’air bien joli tout ça, mais de quoi ça parle ? Eh bien il s’agit d’une enquête au XVIIème siècle qui débute avec la mort d’un marin. Et quelle est la particularité d’un marin ? Il voyage. Si l’enquête début dans un port Anglais, elle se déplace bien vite pour se poursuivre à bord d’un bateau et se finir au fin fond de la Virginie, à peine colonisée à l’époque.</p>
<p>Bon… Y’a plus qu’à se plonger dans les corrections.</p>
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		<title>Martine Fassier vue par les Téphramanciens</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Feb 2010 11:30:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le monde connu]]></category>

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		<description><![CDATA[Peut-être connaissez-vous Martine Fassier ? Si non, vous pouvez tout de suite commencer par aller en prendre plein les mirettes sur son site, car ses travaux graphiques sont vraiment exceptionnels.
A tel point que le collectif Hydrae a décidé de se réunir pour composer quelques textes inspirés de ses œuvres. Sans m’étendre plus avant, je vous propose [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Peut-être connaissez-vous Martine Fassier ? Si non, vous pouvez tout de suite commencer par aller en prendre plein les mirettes <a title="Martine Fassier" href="http://www.martinefa.fr/">sur son site</a>, car ses travaux graphiques sont vraiment exceptionnels.</p>
<p>A tel point que le collectif Hydrae a décidé de se réunir pour composer quelques textes inspirés de ses œuvres. Sans m’étendre plus avant, je vous propose donc de vous rendre sur <a title="Téphramanciens" href="http://martinefa.over-blog.com/ext/http://collectif-hydrae.wifeo.com/les-tephramanciens.php">le site du collectif</a> pour y trouver ce recueil, auquel votre honorable serviteur a eu le plaisir de participer.</p>
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		<title>L&#8217;année 2010 avec le codex poeticus</title>
		<link>http://www.terres-inconnues.fr/des-nouvelles-dailleurs/lanne-2010-avec-le-codex-poeticus-213</link>
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		<pubDate>Fri, 29 Jan 2010 18:42:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le monde connu]]></category>
		<category><![CDATA[AT]]></category>

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		<description><![CDATA[Voilà un collectif qui sait organiser ses calendriers! Vous trouverez donc ci-dessous une série d'appels à textes organisés par le codex poéticus. A vos plumes!]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà un collectif qui sait organiser ses calendriers! Vous trouverez donc ci-dessous une série d&#8217;appels à textes organisés par le codex poéticus. A vos plumes!</p>
<p>AT 05 : appel sur images avec Magali Villeneuve et Alexandre Dainche<br />
<!-- m --><a href="http://hydrae.bbactif.com/le-codex-poeticus-f1/at-05-appel-a-texte-sur-image-t70.htm">http://hydrae.bbactif.com/le-codex-poet  &#8230; ge-t70.htm</a><!-- m --><br />
Notre premier AT sur images en  partenariat avec Magali Villeneuve et Alexandre Dainche se termine le 31  janvier ! Il vous reste quelques jours pour y participer !</p>
<p>ATI  06 : Je ne vois que du Feu<br />
<!-- m --><a href="http://hydrae.bbactif.com/le-codex-poeticus-f1/ati-06-je-ne-vois-que-du-feu-t71.htm">http://hydrae.bbactif.com/le-codex-poet  &#8230; eu-t71.htm</a><!-- m --><br />
Pour son sixième appel à textes et (et  premier à illustrations !), le Codex Poeticus vous propose de laisser  les flammes des Muses vous envahir ! Dans un contexte fantastique,  fantasy ou SF, comment interpréterez-vous ces quelques mots&#8230; &laquo;&nbsp;Je ne  vois que du Feu&#8230;&nbsp;&raquo;<br />
Date limite d&#8217;envoi des textes et des  illustrations : 31 mars 2010 !</p>
<p>Perles des Scaldes :<br />
<!-- m --><a href="http://hydrae.bbactif.com/les-perles-f7/litt-les-perles-des-scaldes-t82.htm">http://hydrae.bbactif.com/les-perles-f7  &#8230; es-t82.htm</a><!-- m --><br />
Un scalde arpentait les terres du Nord  en quête d’auditoire pour y exercer son art. S’approchant d’un  croisement, il trouva un vieillard et lui demanda le chemin pour le  prochain village.<br />
« Tu le sauras, toi qui crois maîtriser les runes  de la poésie, mais à la condition que tu puisses louer les Ases en  autant de signes qu’il y a de portes dans le palais de mon fils. Si tu  en es incapable, tu recevras toute ma colère », répondit Odin quittant  son déguisement.<br />
Comment dire non au patron de la poésie, et  accessoirement créateur du monde ?<br />
Et voici un nouveau défi pour  vous : écrire sur la mythologie nordique en 540 signes.<br />
Vous avez  jusqu&#8217;au 31 mars 2010 !</p>
<p>ATI 07 : Au Château des Alouettes<br />
<!-- m --><a href="http://hydrae.bbactif.com/le-codex-poeticus-f1/at-07-au-chateau-des-alouettes-t98.htm">http://hydrae.bbactif.com/le-codex-poet  &#8230; es-t98.htm</a><!-- m --><br />
Un titre qui vient tout droit d&#8217;une  chansons de Caradec&#8230;<br />
Que vont vous inspirer ces quelques mots ?  Mélancolie ou joie, histoires de miroirs, de frivolité, de ruines ?  Histoires fantastiques ou fantasy ? Un fort spatial en orbite autour de  Pluton ou des mystères insondables ? Princesses, chevaliers, aliens,  oiseaux de toutes plumes&#8230;<br />
A vos plumes, jusqu&#8217;au 31 mai !</p>
<p>AT  08 : Onirisme en noir et blanc<br />
<!-- m --><a href="http://hydrae.bbactif.com/le-codex-poeticus-f1/at-08-onirisme-en-noir-et-blanc-t101.htm">http://hydrae.bbactif.com/le-codex-poet  &#8230; c-t101.htm</a><!-- m --><br />
Un AT mixte en partenariat avec  l&#8217;illustratrice Chipsou ! Un grand merci à elle !<br />
Mixte car vous  pouvez vous appuyez sur les oeuvres présentées ici ou sur le thème  &laquo;&nbsp;onirisme en noir et blanc&nbsp;&raquo;, qui sera illustré !<br />
<!-- m --><a href="http://www.chipsouland.com/">http://www.chipsouland.com</a><!-- m --><br />
Que  les muses soient avec vous, jusqu&#8217;au 31 juillet ! Et même après !!<br />
<a href="http://www.servimg.com/image_preview.php?i=10&amp;u=13300974"><img src="http://i10.servimg.com/u/f10/13/30/09/74/at_08_10.jpg" alt="Image" /></a></p>
<p>AT  09 : les Celtes dans l&#8217;espace<br />
<!-- m --><a href="http://hydrae.bbactif.com/le-codex-poeticus-f1/at-09-les-celtes-dans-l-espace-t102.htm">http://hydrae.bbactif.com/le-codex-poet  &#8230; e-t102.htm</a><!-- m --><br />
Un saut dans le futur pour un peuple de  légendes ! Qu&#8217;emportent-ils avec eux ? Divinités et traditions, comment  s&#8217;adaptent-ils là-haut ? Mais&#8230; pourquoi dans le futur ? Et si en  arrivant sur place, les Romains n&#8217;avaient croisé en vérité que des  retardataires ?! Et Stonehenge dans tout ça ?<br />
Préparation au  lancement jusqu&#8217;au 30 septembre !</p>
<p>AT 10 : la Voie du Haïku<br />
<!-- m --><a href="http://hydrae.bbactif.com/le-codex-poeticus-f1/at-10-la-voie-du-haiku-t103.htm">http://hydrae.bbactif.com/le-codex-poet  &#8230; u-t103.htm</a><!-- m --><br />
Format de plus en plus présent sur le  web entres autres et dans nos pages, le Codex Poeticus consacre un  volume entier aux haïkus ! Le thème est libre pourvu que la structure du  haïku soit respectée, et qu&#8217;il soit SFFF !<br />
Jusqu&#8217;au 30 novembre</p>
<p>AT  11 : sur images<br />
<!-- m --><a href="http://hydrae.bbactif.com/le-codex-poeticus-f1/at-11-appel-a-texte-sur-image-t104.htm">http://hydrae.bbactif.com/le-codex-poet  &#8230; e-t104.htm</a><!-- m --><br />
Grâce à Leslie Boulay, voici le  troisième appel à textes du Codex sur images !! Laissez-vous emporter  par les couleurs et les histoires qui se cachent derrière les oeuvres de  Leslie !<br />
<!-- m --><a href="http://enpointilles.blogspot.com/">http://enpointilles.blogspot.com/</a><!-- m --><br />
<!-- m --><a href="http://www.leslieboulay.com/">http://www.leslieboulay.com/</a><!-- m --><br />
Vous  avez jusqu&#8217;au 31 janvier 2011 pour cela !<br />
<a href="http://www.servimg.com/image_preview.php?i=11&amp;u=13300974"><img src="http://i10.servimg.com/u/f10/13/30/09/74/at_11_10.jpg" alt="Image" /></a></p>
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		</item>
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		<title>La fin des voyages, le début des rêves</title>
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		<pubDate>Sun, 24 Jan 2010 14:59:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chiral]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici un peu plus d’un an, Chiral partait pour la première fois en voyage, dans le pays de l’autre côté des miroirs. Après être passé par l’enfer et le pays des contes de fées, le matou a bien le droit de se reposer !
Cependant, qui dit repos et sommeil, dit aussi rêve. Et c’est donc dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voici un peu plus d’un an, Chiral partait pour la première fois en voyage, dans le pays de l’autre côté des miroirs. Après être passé par l’enfer et le pays des contes de fées, le matou a bien le droit de se reposer !</p>
<p>Cependant, qui dit repos et sommeil, dit aussi rêve. Et c’est donc dans ses rêves que vous serez invité prochainement, dans une semaine ou deux. Le format sera plus facile à suivre que précédemment, puisque ses rêves seront indépendants les uns des autres : il ne sera plus nécessaire de connaître toute l’histoire d’Aymara et Chiral pour comprendre leurs aventures. En attendant, retrouvez-les en train de faire la fête pour commémorer leur victoire contre Hadès : <a title="Les voyages de Chiral" href="http://wizzz.telerama.fr/chiral/blog/751460784">Episode 12 : Ce n&#8217;est qu&#8217;un aurevoir</a></p>
<p>Et pour s&#8217;y retrouver, sachez que le <a title="Sommaire Chiral" href="http://wizzz.telerama.fr/chiral/blog/100480028">sommaire </a>a été mis à jour.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>L’horloge perpétuelle</title>
		<link>http://www.terres-inconnues.fr/nouvelles/lhorloge-perptuelle-202</link>
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		<pubDate>Thu, 07 Jan 2010 18:47:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume</dc:creator>
				<category><![CDATA[Contes et nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Jusqu’à présent, deux textes ont été publiés en ces terres inconnues. Or ne dit-on pas jamais deux sans trois ?
C’est donc avec plaisir que je vous propose un texte dans un registre tout à fait différent des deux premiers, puisque je renoue là avec mes premiers amours lovecraftiens. Cette nouvelle relate l’histoire d’un homme, qui retrouve dans son grenier une vieille horloge familiale. Décidé à la remettre en état, il se renseigne sur son histoire, part même consulter un oncle éloigné. Ses découvertes vont changer sa vision du monde. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;">L’horloge perpétuelle</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Une vieille légende dit que les engoulevents tentent de capturer les âmes des mourants. Lorsqu’un malade se meurt, ces oiseaux lancent des trilles sur deux tonalités, qu’ils rythment sur la respiration de celui qui va disparaître. Et quand cette personne décède enfin, que son âme s’envole au ciel pour être jugée, alors ils cessent leurs chants et tentent de s’en emparer. S’ils l’attrapent, ils éclatent en un concert de pépiements sataniques avant de s’en repaître. Si l’âme leur échappe, ils laissent la nuit reprendre ses droits, et la famille en deuil sait que son proche est monté dans un royaume peut-être meilleur.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne connaissais pas cette légende avant de la découvrir dans un vieux livre trouvé dans cette maison. Et je n’y aurais jamais cru, si je n’avais pas découvert cette maudite invention.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces dernières heures on fait voler en éclat tout le carcan de mes croyances. Ce monde que je croyais si sûr me parait à présent hostile, plein de dangers. La peur reste sans conteste la seule barrière entre moi et les horreurs sans nom qui se tapissent tout autour.</p>
<p style="text-align: justify;">Instinctivement, nous avons peur de l’inconnu. La science pourtant essaie de nous rassurer en repoussant l’obscurantisme des temps passés. Nous comprenons de plus en plus de choses, et nous disons de ce que nous ne comprenons pas qu’il s’agit de charlatanisme, qu’il n’y a nulle raison de s’en inquiéter.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà toute notre erreur. Nous avons oublié ce qu’était la peur: un signal. De la même façon que la douleur prévient notre organisme d’un dérèglement dangereux, elle nous met en garde contre une situation périlleuse. Autrefois, instinctivement, nous craignions de sortir les soirs de pleine lune ; nous tremblions quand le vent venait chuchoter près de notre couche, caressant les rideaux de ses doigts fuligineux, parcourant notre visage de son souffle glacé.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui nous nous levons, et fermons la fenêtre.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre monde moderne est devenu inconscient. J’étais de ces gens si sûr d’eux, qu’aucune superstition ne peut effrayer. Et désormais ma plume tremble entre mes doigts, alors que résonne ce terrible et régulier tic-tac.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Mais peut-être devrais-je commencer par le début. Cela remonte à présent à deux mois. Je me trouvais chez moi et j’étudiais un dossier pour mon travail. Je butais et m’énervais sur le sujet, tout à la fois gêné par la chaleur intolérable qui régnait, et par le babillage incessant de mes deux filles qui bavassaient devant la télé. Rien n’y faisait, la solution semblait vouloir m’échapper éternellement. Il me fallait du silence.</p>
<p style="text-align: justify;">Plutôt que de passer mes nerfs sur mes enfants, je décidai de changer de pièce, et embarquant toutes mes affaires, je grimpai dans le vieux grenier où même s’il ne faisait pas plus frais, je pouvais au moins compter sur un certain calme.</p>
<p style="text-align: justify;">Il s’agissait en réalité plus d’un débarras que d’une pièce réelle. L’ancien ameublement transparaissait encore sous des amoncellements de cartons : une paire de divans usés regardant une télé posée de guingois sur une table basse. Une grosse pendule normande, silencieuse dans son coin, comme punie, des étagères couvertes de livres usés, un large bureau avec un grand fauteuil à dossier&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Mais tout cela était recouvert par quantité d’objets dont on ne savait que faire. Les rayons de soleils constellés de poussières qui traversaient le vasistas éclairaient un capharnaüm de jouets délaissés par les enfants, des piles de vêtements démodés, des machines oubliées, tout un bric-à-brac incroyable rangé dans des caisses, postes radios, maquettes brisées.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec un peu de difficulté pour me déplacer dans ce chantier, je me frayai un chemin jusqu’au bureau que je débarrassai d’un revers négligent de la main. La pièce était calme, et un silence ouaté me permettait de me concentrer à volonté. Je me sentais bien ici.</p>
<p style="text-align: justify;">Petit à petit, je pris l’habitude de monter travailler dans ces combles. Progressivement je réaménageai la pièce, dont je parvins à faire un lieu agréable. Jusqu’au jour où je décidai de donner une nouvelle jeunesse à la vieille horloge.</p>
<p style="text-align: justify;">C’était une comtoise construite en un sapin très foncé. Sa forme n’avait rien d’original, si ce n’est qu’elle était surmontée d’une espèce de petite antenne, et que le cadran était merveilleusement travaillé. Il était d’ivoire, et chaque chiffre était tracé avec de si lourdes fioritures qu’il était difficile de les reconnaître. Le tout était entouré d’arabesques de cuivre s’entrelaçant, cachant parfois des visages grimaçants, comme prisonniers d’une complexe cage dorée. Sous le cadran, elles se terminaient en pointes et entouraient un nom formé de rubis. Je me souviens que je m’étonnai alors de cette découverte, car ce nom était celui de ma famille.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette trouvaille m’envahit aussitôt d’un sentiment de fierté. Quel honneur que de posséder une telle horloge frappée du nom de ses aïeux ! Toute affaire cessante, je voulus la remettre en marche.</p>
<p style="text-align: justify;">Je passai tout d’abord un certain temps à étudier sur internet les systèmes d’échappements, de suspensions et de balanciers. Mais quand je me décidai enfin à ouvrir mon horloge pour en remonter le mécanisme, je me trouvai face à un ensemble de rouages bien plus complexes que ce que j’avais pu imaginer : des ressorts et des détentes disputaient la place à une armée de roues crantées, emmaillotées de chaînettes, de poids et de contrepoids. Il y avait bien trop de pièces pour une simple horloge !</p>
<p style="text-align: justify;">Seul un savant extraordinaire avait pu concevoir une telle machine. Il avait poussé le détail jusqu’à recouvrir les mécaniques des mêmes arabesques qui ornaient déjà le cadran. D’autres gravures apparaissaient ça et là, certaines abstraites, d’autres plus figuratives, représentant par exemple des diablotins dansant ou des sabliers étrangement ouvragés.</p>
<p style="text-align: justify;">Décidément, tout cela surpassait de beaucoup mes compétences. Refermant l’horloge, je me résignai à l’abandonner à son sort, et à n’y plus songer. Pourtant, dans les jours qui suivirent, elle continua à obnubiler mes pensées. Je rêvais de lui donner une nouvelle jeunesse, d’entendre son lourd tic-tac et ses froides sonneries marquer les heures de mon existence.</p>
<p style="text-align: justify;">L’horloge prit une place croissante dans mes réflexions. Je ne travaillais plus, mais perdait mes heures à la contempler tout en songeant à un moyen de la réparer.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me lançai alors dans la rédaction d’une série de lettres à tous les membres de ma famille. Peut-être que l’un d’entre eux détenait des informations ? Je décrivais chaque fois l’horloge, joignant des photos et précisant qu’elle devait se trouver dans mon grenier depuis de nombreuses années.</p>
<p style="text-align: justify;">En fait, je l’y avais toujours vu. Je soupçonnais mon père de l’y avoir placé avant sa mort, mais cela remontait à bien trop loin pour ma mémoire, et je ne m’intéressais guère à l’époque aux souvenirs de famille.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs réponses négatives me revinrent. Puis, finalement, un jour, la réponse d’un de mes grands-oncles bouleversa mon existence.</p>
<p style="text-align: justify;">Sa lettre était assez laconique. Il me disait rechercher cette horloge depuis longtemps. Il n’avait pas pensé que je pusse la détenir, et ne comprenait pas non plus comment cet objet avait pu arriver dans mon grenier. Il m’invitait simplement à venir passer un week-end chez lui, en apportant l’horloge avec moi. Il en connaissait un bout sur son histoire, et se ferait une joie de me raconter les diverses légendes qui entouraient cet appareil.</p>
<p style="text-align: justify;">Le week-end suivant, l’horloge se trouvait solidement fixé dans le coffre de mon break, et je pris l’autoroute, puis la voie express pour gagner le cœur de la Bretagne.</p>
<p style="text-align: justify;">J’aimerais prendre un instant pour décrire les impressions que firent sur moi le manoir de mon grand-oncle. La Bretagne n’est pas une région très vaste, mais elle recèle en son sein des endroits tout à fait étonnant. Le petit parc entourant la demeure de mon oncle en était un parfait exemple. Sur plus d’une centaine d’hectares s’étendait une forêt très ancienne. Elle était traversée par une petite route constituée d’un mélange jaunâtre de sable et de cailloux, tachetée par les ombres des arbres alentour. De part et d’autre, la forêt s’étirait, sombre et silencieuse. Des barbes de mousses s’accrochaient aux branches tordues des vieux arbres, et la façon qu’elles avaient de s’entremêler me rappelait une valse de vieillards, dont les bras crispés et décharnés se tendraient les uns vers les autres en d’ultimes et tacites appels.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ne vous méprenez pas. Il ne faut pas oublier que mes nerfs sont à présent sévèrement atteints, et que j’écris ceci dans des conditions bien particulières. Certes, cette impression m’avait marqué dès mon arrivée, mais je n’y sentais alors aucune malveillance. Pour moi, ces émotions étranges n’étaient que le fruit de mon imagination. Les formes torturées des racines, le balancement des branches, les reflets des petites mares, le hérissement des fougères, tout cela ne m’inspirait qu’un profond plaisir : le plaisir d’un homme de la ville qui vient se ressourcer à la campagne, le plaisir de voir la nature à l’état brut, de respirer un peu d’air frais en ouvrant la vitre de son break.</p>
<p style="text-align: justify;">La forêt laissa soudainement place à une vaste zone dégagée. La route débouchait sur ce qui avait sans doute dû être autrefois un magnifique jardin. Aujourd’hui les hautes herbes l’avaient envahi, et la forêt amorçait son retour. Au centre de cette clairière artificielle se dressait la demeure de mon grand-oncle.</p>
<p style="text-align: justify;">Il s’agissait d’un vieux bâtiment en pierre, pour la plus grande partie. La forme en était très difficile à décrire, tant il y avait eu d’ajout au fil des années. Je suppose qu’il y avait eu une première construction à pans de bois, sur deux étages de forme rectangulaire. Des corbeaux lourdement sculptés soutenaient une large galerie en encorbellement, chapeautée par un toit d’ardoises saillant au dessus de l’ensemble. Plusieurs petites fenêtres couvertes de croisillons de fer étaient percées entre les sablières, et on avait tenté d’ajouter un nouvel étage tout au bout de la maison, tentative visiblement échouée, puisque on avait dû renforcer l’ensemble avec un massif mur de pierre assez peu esthétique.</p>
<p style="text-align: justify;">De l’autre côté, le bâtiment était flanqué d’une tour, sans doute rajoutée plusieurs années après. Elle était percée de toute petites fenêtres, assez semblables à des meurtrières, et se terminait par un toit en pointe qui rappelait le chapeau d’une sorcière. Un bâtiment en pierre carré avait été collé à l’arrière de cette tour, et de là où je me tenais, je n’y apercevais pas d’ouverture. D’une façon générale, le manoir avait l’air très ancien. Les parties en bois ondulaient légèrement, tandis que la pierre s’effritait par endroit, donnant tous les signes de fatigue possible.</p>
<p style="text-align: justify;">Encore une fois, je ne trouvais rien de morbide dans ce tableau. Si j’étais arrivé par une soirée d’orage, si le vent avait sifflé dans les arbres, peut-être aurais-je frémis. Mais sous le chaud soleil d’été, je ne voyais dans cette maison qu’un magnifique vestige architectural du passé. Je me sentais au contraire excité à l’idée de pénétrer dans cette demeure, de rencontrer un oncle que je n’avais pas vu depuis longtemps, et surtout de percer les mystères de mon horloge.</p>
<p style="text-align: justify;">Je garai donc mon break près de la porte. J’en étais à peine descendu qu’un vieil homme aux cheveux blanchis par les années sortait du manoir pour m’accueillir à bras ouverts. Mon oncle semblait réellement très heureux d’avoir un peu de visite. Il m’invita à entrer aussitôt, et je pénétrai avec lui à l’intérieur du manoir dans lequel je trace à présent ces lignes.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faisait frais à l’intérieur. Le salon était très spacieux : une lourde table de chêne entourée de chaises dans le même ton en occupait une grande partie. Les rayons de soleils tamisés par les vitres à croisillons n&#8217;éclairaient la salle que par endroits, laissant de larges espaces dans l’ombre.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon oncle avait aménagé son salon avec beaucoup de goût. On sentait chez lui tout à la fois un désir de plaire à ses hôtes, à travers les nombreux tableaux et les divers objets et bibelots exposés dans les buffets et tables basses disséminés dans toute la pièce, mais aussi et surtout, un amour certain pour les voyages et les choses exotiques. La plupart des statues exposées appartenaient à des cultures que je n’avais jamais vues, et beaucoup d’objets restaient mystérieux pour moi.</p>
<p style="text-align: justify;">Des livres étaient entassés un peu partout, souvent ouvert, parfois fermés, laissant dépasser une multitude de marques-pages, prouvant que mon parent se livrait à une étude approfondie de ces oeuvres. Dans l’ensemble, la pièce était plutôt chaleureuse mais il y avait quelque chose qui me gênait. Comme une impression de déjà-vu.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon grand-oncle m’offrit un verre et entama la conversation sur les sujets les plus banals. Comment allait ma femme et mes enfants, mon travail, avais-je revu cousin Pierre ?</p>
<p style="text-align: justify;">Je lui répondis sans réserve et l’interrogeai à mon tour sur sa vie quotidienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n’avait guère gardé de contact avec la famille. Des brouilles stupides mais à répétitions, avaient détruits la plupart des liens qu’il entretenait avec ses frères, et comme sa femme était morte sans lui laisser d’enfant, il avait fini par se retirer dans cette maison et par se couper du reste du monde. Seul le facteur passait de temps en temps lui rendre visite. Il acceptait toujours un verre, et lui racontait les potins du coin.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais pour être honnête, mon oncle s’ennuyait terriblement.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors quand il avait reçu ma lettre, quand il avait lu que j’avais retrouvé l’horloge de son grand-père&#8230; Pour lui, il s’agissait de l’évènement de l’année ! Voir de la décade ! Cela faisait si longtemps que cette pendule excitait son imagination !</p>
<p style="text-align: justify;">Insensiblement, au fil des tasses de thé et des verres de chouchen, notre conversation dériva sur elle. Il voulut savoir tous les détails de ma découverte ; puis, devant mon ignorance totale à son sujet, il finit par me raconter l’histoire de cette surprenante invention.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout commença avec son bisaïeul.</p>
<p style="text-align: justify;">Il était né au début du 19<sup>ème</sup> siècle, dans cette même maison. En ce temps là, les sciences n’étaient pas tant avancées, et certains esprits particulièrement éclairés avaient le sentiment que tout était encore à découvrir. Cet homme était de ces gens là.</p>
<p style="text-align: justify;">Passionné par le temps, il consacra sa vie à étudier les horloges. Il était à la recherche du mouvement perpétuel, une horloge capable de fonctionner sans jamais avoir besoin d’être remontée, sans aucune source d’énergie.</p>
<p style="text-align: justify;">Simplement par la mécanique.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès son plus jeune âge, il s’absorba dans cette tâche. Il en oubliait complètement les siens. Et les siens finirent par l’oublier, par le classer comme l’original qui travaillait sans cesse dans son grenier.</p>
<p style="text-align: justify;">A vingt-et-un ans, il déclara avoir fait une découverte exceptionnelle. Mais il se refusa à tout commentaire à ce propos, affirmant qu’il était encore trop tôt pour en parler. A cette époque, il parlait encore bien volontiers de ses travaux. Mais quelques mois après cette découverte, il commença à devenir taciturne, plus renfermé. Il commanda de nombreux livres, livres que je peux encore voir dans cette maison.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant les sujets en étaient surprenants. Très peu traitaient réellement d’horlogerie. Il y avait des livres de sorcellerie, beaucoup de livres occultes et secrets. Avec effroi, on murmurait qu’il s’était procuré certains extraits du livre maudit nommé le Turpiter. Sa famille commença à craindre que ses travaux n’aient atteint son équilibre mental.</p>
<p style="text-align: justify;">On le laissa pourtant continuer, et si on l’interrogeait, il murmurait imperturbablement qu’il s’approchait du but. Pendant dix années, il répéta ces mots. En dehors de ces assurances, il parlait peu, et sa voix s’érailla progressivement, comme s’il perdait petit à petit l’usage de la parole ; ses traits se tirèrent, il vieillit prématurément.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, un jour, on le vit descendre dans la cuisine avec un sac en bandoulière. Il annonça qu’il avait un voyage à faire, en rapport avec son invention. Personne ne devait pénétrer dans sa chambre, sous aucun prétexte. Il insista lourdement sur cette consigne, la seule qu’il laissa, et quitta sa maison natale sans se retourner.</p>
<p style="text-align: justify;">Nul ne le revit jamais plus.</p>
<p style="text-align: justify;">Aussi curieux que cela puisse paraître, sa recommandation resta respectée pendant de nombreuses années. Je sais qu’à la place de ma famille, dès le départ de cet ingénieur fou, je me serais précipité dans la pièce afin de voir ce qui motivait ces années de recherches.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais mes aïeux restèrent de glace devant les possibles découvertes de leur enfant. Peut-être avaient-ils vraiment fini par le considérer comme un original.</p>
<p style="text-align: justify;">Sa chambre resta donc inviolée des années durant. Quand il devint évident qu’il ne reviendrait plus, sa mère se décida enfin à y pénétrer.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon oncle me décrivit cette pièce telle que la lui avait décrite son père auparavant. Les murs et le sol étaient couverts de calculs et de schémas complexes. Des feuilles volantes couvertes d’une écriture en pattes de mouches occupaient le moindre espace disponible, tandis que des piles de livres s’entassaient dans les quatre coins de la pièce.</p>
<p style="text-align: justify;">Partout régnait un désordre incroyable. Des outils dans un angle, des roues dentées, des mécanismes à moitié achevés sur une table, des appareils étranges qu’il avait construits&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ce qui choquait le plus, c’était ces statues biscornues qu’il avait placées un peu partout, ces mêmes statues qui trônaient à présent sur les buffets du salon de mon oncle, ces statues représentant les dieux anciens et oubliés du Turpiter.</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis, il y avait cette horloge. Mon ancêtre l’avait laissé inachevée, ou presque, en plein milieu de sa chambre. Elle était à cette époque telle que je l’ai découverte dans mon grenier. Naturellement, sa mère ne s’attendait pas à découvrir une création d’une telle beauté.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle en tomba aussitôt amoureuse, et insista pour la placer dans le salon, en souvenir de son fils disparu. Elle ne fonctionnait pas, mais cela n’était pas important. C’était là tout ce qui lui restait de son enfant, fou ou pas, et elle y tenait comme à la prunelle de ses yeux.</p>
<p style="text-align: justify;">Est-ce à cause de cet amour qu’elle lui portait que cette étrange alchimie opéra ? Mon oncle mettait cette légende sur le compte d’une simple coïncidence. Quand il me la rapporta, j’abondai sans hésiter dans son sens. Mais aujourd’hui je sais ce qui s’est réellement passé.</p>
<p style="text-align: justify;">Des années durant, la mère de mon ancêtre inventeur s’occupa de l’horloge, l’astiquant chaque jour, en prenant soin comme d’un nouveau né. Je ne pouvais m’empêcher de déceler des similitudes entre l’engouement que suscita l’horloge chez moi et celui qui naquit chez mon aïeule. Chez elle, cela alla cependant beaucoup plus loin. La fascination qu’engendrait l’horloge sur sa personne devint presque malsaine. Pour son bien, ses proches décidèrent de la séparer de l’objet, qu’on commençait à regarder d’un mauvais oeil.</p>
<p style="text-align: justify;">L’invention atterrit momentanément chez un cousin. Elle y resta jusqu’à ce que sans prévenir, elle se mette en marche. A quatre heures précises, son tic-tac grave et profond résonna dans la maison, et il ne s’arrêta que trois jours plus tard. C’est à cette époque que l’on perdit sa trace, et c’est aussi probablement à cette époque qu’elle échoua dans mon grenier.</p>
<p style="text-align: justify;">La raison pour laquelle on décida de la cacher et de ne plus en parler, était qu’à quatre heure, ce jour-là, la mère de mon aïeul trébucha dans les marches de la tour, et se rompit le cou.</p>
<p style="text-align: justify;">La coïncidence était trop flagrante. En cette époque les superstitions salvatrices existaient encore. On ne voulait pas de cette horloge, et avec raison, on la cacha. Il aurait mieux valu la détruire, puisque des ignorants comme moi risquaient de la retrouver par la suite.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon grand-oncle en était là de son histoire, quand il décida soudainement qu’il était temps pour lui de pouvoir enfin jeter un coup d’œil à cette incroyable machine. Galvanisé par son récit, je n’hésitai pas une seconde, et ensemble nous allâmes chercher l’antiquité.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est que lorsque nous l’eûmes installé dans son salon que je compris l’air familier qui m’avait dérangé la première fois que j’avais pénétré dans la maison : nombre des tableaux rappelaient les motifs qui ornementaient l’horloge. Les visages ressemblaient à s’y méprendre à ceux des diablotins gravés, et les fonds des peintures étaient peuplés des arabesques qui agrémentaient les roues et le cadran.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon oncle confirma mes soupçons naissant : Mon ancêtre inventeur était bien l’artiste qui avait peint ces tableaux. Pour la première fois de mon existence, je sentis une peur inexplicable sourdre en moi.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous examinâmes longuement l’horloge ce soir là. Un vieux vinyle de Mozart tournait, répandant une douce musique tandis que la pluie s’abattait avec fracas sur les carreaux du manoir. Nous nous interrogeâmes sur l’antenne qui trônait en son sommet, sur ses nombreuses roues, et naturellement nous ne comprîmes absolument rien.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous nous couchâmes la tête pleine de rêves sur les possibilités de cette machine. Le mouvement éternel ? Mon ancêtre n’avait-il été qu’un piètre charlatan, un fou, ou bien avait-il touché du doigt une révolution incroyable ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le lendemain, nous fûmes réveillés par la visite impromptue du facteur. Mais la lecture de la lettre qu’il apporta plongea mon oncle dans un tel état d’agitation qu’il coupa brusquement court aux potins que le fonctionnaire avait commencé à débiter. Il me laissa le soin de l’éconduire, et partit s’enfermer dans sa chambre, ordonnant d’une voix qu’on ne pouvait contrarier de ne pas le déranger.</p>
<p style="text-align: justify;">Je présentai aussitôt mes excuses au facteur pour le comportement un peu étrange de mon oncle, et me contentai de passer le reste de la journée à étudier les divers livres laissés en plan dans la pièce. Mais j’avais sous-estimé le trouble qui s’était emparé de mon parent.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce fut vers minuit que résonna la détonation. Aussitôt, je m’élançai vers sa chambre, et y tambourinai de mes deux mains, la crainte remuant mon estomac.</p>
<p style="text-align: justify;">Je savais ce que j’y découvrirais avant même de tourner la poignée de la porte. Secrètement, j’espérai la trouver fermée, afin de retarder l’inévitable. Mais le loquet pivota, me dévoilant le macabre spectacle tandis que dans le salon l’horloge résonnait subitement, emplissant la maison d’un glas funèbre et régulier.</p>
<p style="text-align: justify;">Le spectacle était suffisamment éprouvant sans cet horrible fond sonore. Un grand fauteuil légèrement tourné de trois-quarts me cachait partiellement le corps de mon oncle. Seul son pistolet encore fumant au bout de son bras inerte me révélait le drame.</p>
<p style="text-align: justify;">Contrastant avec la panique qui naissait en moi, l’horloge continuait imperturbablement sa course. Je dus faire appel à toute ma volonté pour traverser l’espace qui me séparait encore du corps.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans son autre main, mon oncle serrait deux feuilles. L’une était couverte de son écriture, l’autre griffonnée de lettres dont la graphie me rappelait les textes de la révolution que j’avais déjà pu voir dans un musée. M’emparer de ces papiers me causa un haut le cœur que j’eus du mal à refouler, et je sortis précipitamment de la pièce sitôt qu’ils furent en ma possession.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est en les lisant que je pris conscience à quel point le monde moderne se fourvoyait en reniant les héritages du passé. Ces magies que l’on dit puériles existent bel et bien.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon ancêtre n’était pas un inventeur, simplement un fou. Il avait peiné durement pour trouver le mouvement perpétuel, mais il avait fini par se rendre compte que nulle mécanique ne pourrait jamais y parvenir. Les frottements empêcheraient inévitablement l’éternité du mouvement. Il avait donc cherché une autre voie pour atteindre son but.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est dans les lignes maudites de terribles livres qu’il avait fini par découvrir son bonheur. Ce que les engoulevents recherchaient la nuit auprès des mourants, pouvait aussi servir d’énergie. L’antenne de l’horloge était un moyen de capter les âmes, qui servaient ensuite de force motrice pour les différentes roues de cette maudite invention. Il semblerait que l’humain ne soit guère plus qu’une machine mise en branle par la force de son âme. Les voler et les utiliser lorsqu’elles s’échappent des corps brisés, voilà ce que se proposait mon ancêtre.</p>
<p style="text-align: justify;">Un mouvement perpétuel en apparence, une magnifique création cachant en réalité un pacte diabolique avec des forces que l’on croyait évanouies.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais elle était encore imparfaite. L’antenne ne lui permettait que de se saisir des âmes de ceux ayant vécu longtemps auprès d’elle, ou bien d’âmes de constitutions proches, comme celle des membres de la famille de mon aïeule.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela résume assez bien l’essence du contenu de ces papiers. Pourtant l’horreur que j’éprouvais ne s’arrêtait pas au contenu de ces lettres. La feuille couverte de l’écriture démodée annonçait entre autre que mon ancêtre allait bientôt revenir afin de mettre un point final à son invention. L’écriture ancienne m’avait tout d’abord fait songer à une vieille lettre que mon oncle aurait retirée d’un dossier. Cependant, je compris rapidement qu’il s’agissait en réalité de la lettre qui venait d’arriver. Je fus pris de vertige quand je compris les implications que pouvaient avoir une lettre provenant de mon ancêtre, et datée une semaine plus tôt.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà pourquoi je me désespère de voir que notre monde se débarrasse de ses anciennes peurs. Elles n’étaient pas infondées, nous avons simplement oublié leur pourquoi, de la même façon que l’on oublie parfois les évènements historiques qui se cachent derrière une légende.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon oncle avait passé beaucoup plus de temps que moi à étudier les secrets de notre parent. Sa réaction vous parait peut-être surprenante, mais c’est que vous n’avez pas contemplé d’aussi près les noirs abysses de l’inconnu.</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne me reste plus qu’à chercher à mon tour l’oubli que seule une balle de revolver peut me réserver. Je ne m’attends pas à ce qu’on comprenne le bouleversement que cette révélation a opéré en moi. J’ai l’impression d’avoir ouvert les yeux sur un monde cachant des horreurs innommables. Je ne supporte pas de voir s’écrouler tout ce en quoi j’ai cru. Je sais que personne ne me croira si je devais raconter cette histoire, et je sais que plus jamais je ne pourrai me reposer sans me sentir écrasé par cette peur de l’inconnu que tant de gens ont choisi d’ignorer.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors priez pour que ce soir les engoulevents piaffent plus fort que ne résonne l’horloge perpétuelle.</p>
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		<title>Visite Nocturne</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Jan 2010 17:35:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après les fêtes, vient le temps des soldes, des achats en tous genres. Eh bien voici une nouvelle qui devrait vous dissuader d’aller faire vos courses de nuit.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: center;">Visite nocturne</h2>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le vieux commerçant lui avait ouvert à contrecœur, sans doute attiré par l’espoir d’une bonne affaire. Sa voix était pâteuse de fatigue, ses gestes lents ; il était trois heures du matin. Malgré cela il avait accepté de faire entrer son visiteur sans se départir de sa politesse conventionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Luc essaya de percer l’obscurité : bien que le vieil homme soit plongé dans l’ombre, il lui devinait un visage cireux, des yeux mi-clos cernés de noir. Le commerçant passa derrière son comptoir, et d’une voix atone lui demanda ce qu’il pouvait faire pour son service.</p>
<p style="text-align: justify;">— Je m’en veux de vous déranger à une heure pareille&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">— Cela n’est pas un problème. Pour un client tel que vous, monsieur, je peux bien faire un petit effort. Pourvu que cela ne se reproduise pas trop souvent, ajouta t-il.</p>
<p style="text-align: justify;">Il voulait probablement le rassurer, mais la lassitude qui teintait ses mots indiquait que sa patience n’était qu’un masque. Seul son professionnalisme et une longue habitude du commerce l’empêchaient de se fissurer.</p>
<p style="text-align: justify;">Luc hésita. Il avait planifié cette nuit depuis si longtemps&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">— Voyez-vous, je dois me rendre à Poitiers, afin d’y demander en mariage ma peut-être future épouse. Je dois y être à onze heures.</p>
<p style="text-align: justify;">Il marqua un temps pour observer la réaction du marchand, mais dans le noir, il distinguait à peine ses traits. Le silence s’éternisant, il reprit, sa voix prenant un peu plus d’assurance à mesure que le discours qu’il avait préparé lui revenait :</p>
<p style="text-align: justify;">— Vous comprendrez donc que je devrais déjà être en route. Mais il me faut accompagner ma demande&#8230; d’un petit cadeau, de quelque chose. J’ai peur qu’elle dise non. Oh, c’est sans doute trois fois rien, mais j’ai le sentiment qu’il est capital&#8230; Ah ! Je sens à présent à quel point ma demande doit vous paraître triviale. Vraiment je vous demande de m’excuser.</p>
<p style="text-align: justify;">Il joignit les mains en signe de prière mais dans la pénombre, l’autre ne dut même pas le remarquer. Pourquoi cet idiot de gérant n’avait-il pas allumé une lumière ? Luc se félicita intérieurement de s’être équipé d’une lampe.</p>
<p style="text-align: justify;">— Non, non je comprends. Le mariage rend toujours nerveux, on ne sait jamais vraiment comment se comporter. Vous verrez, plus la date se rapprochera, plus vous vous sentirez perdu. Bien, je m’en voudrais de faire échouer votre demande. Je vais voir ce que je peux vous trouver. Avez-vous une idée quelconque&#8230; ?</p>
<p style="text-align: justify;">— Non, non, je vous fais confiance.</p>
<p style="text-align: justify;">Luc perçut le hochement de tête du vieil homme et vit sa silhouette s’éloigner. Il en profita pour sortir discrètement quelque chose de sa poche, et le tint plaqué contre sa manche. Puis, il laissa son regard errer sur le magasin, respirant profondément, tentant de se calmer.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet endroit était une formidable caverne d’Ali Baba. Un peu salon d’antiquités, un peu librairie, un peu bijouterie. Des trésors venus de la Rome des Césars s’entassaient sur des petits guéridons victoriens, un télescope datant des premières expériences de Newton trônait à côté de livres poussiéreux signés par de grands auteurs. On trouvait des miroirs cerclés d’arabesques d’or, des coffrets frappés des sceaux de la société des Indes, des cartes anciennes. Les vitrines scellaient dans une intimité toute relative des colliers et des parures antiques, des pierreries de grande valeur. Tout un bric-à-brac incroyable, mais dont le prix était bien souvent trop élevé. Malgré son aspect désuet, son apparent désordre et les nuages de poussières que le gérant laissait planer pour créer une certaine atmosphère, ce magasin était la pointe de la pointe en matière de snobisme. Le vieil homme qui le tenait rachetait les collections que les dandys en mal d’argent héritaient de leur famille. Nombre de legs, pour la composition desquels il avait fallu maintes générations, avaient atterri ici pour une modique somme, avant de repartir en petits morceaux en divers coin de la planète ; cela pour un montant beaucoup plus élevée.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme beaucoup d’autres, la collection de son oncle avait subi ce triste sort.</p>
<p style="text-align: justify;">— Cela vous irait-il ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le commerçant venait de revenir et lui montrait une petite mappemonde. Les pays y étaient représentés par des pierres précieuses de différentes couleurs. Rubis, améthystes, lapis-lazulis, émeraudes&#8230; Un travail incroyable.</p>
<p style="text-align: justify;">— Puis-je ?</p>
<p style="text-align: justify;">— Bien sûr.</p>
<p style="text-align: justify;">Le vieillard tendit la main par-dessus son comptoir pour lui tendre l’objet.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Maintenant</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Aussitôt Luc empoigna le poignet du vieil homme et le tira à lui. De l’autre main il abattit le couteau qu’il tripotait depuis plusieurs minutes déjà, dans la carotide de sa victime.</p>
<p style="text-align: justify;">Les yeux du commerçant s’arrondirent d’étonnement, sa bouche s’ouvrit et se referma comme cherchant à prononcer quelque chose ou à reprendre son souffle. L’image rappelait confusément celle d’un poisson se débattant sur la rive.</p>
<p style="text-align: justify;">D’un geste vif, il ôta la lame du cou et recula. Un flot rouge sombre s’épanchait de la blessure ; l’homme s’affala mollement sur le comptoir, un bras pendant de l’autre côté.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà qui était fait. A présent, il lui fallait découvrir où était rangée la bague de son oncle. C’était pour elle qu’il avait fait tout cela. Il s’en était séparé sur un coup de tête, pour se payer sa débauche. Mais cela faisait maintenant deux mois qu’elle le hantait, deux mois qu’il n’avait pour seul désir que de la récupérer. Deux mois qu’on lui avait révélé sa véritable valeur…</p>
<p style="text-align: justify;">Seulement le prix que le commerçant en demandait maintenant était tellement exorbitant ! Même largement inférieur à sa valeur réelle, le vol était pour lui l’unique moyen de la récupérer.</p>
<p style="text-align: justify;">Il essuya la lame de son couteau dans un mouchoir propre et tendit l’oreille. Le bruit étouffé d&#8217;une voiture lui parvint du dehors. Il n’y avait pas un seul autre son. Personne n’avait pu voir son acte. Les volets étaient descendus devant les fenêtres. Et l’échoppe était vide ; il était d’autorité commune que le vieillard la tenait seul. Alors quoi ? Qu’est-ce qui l’inquiétait ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le silence s’éternisa. Il s’imaginait que dehors des gens l’avaient entendu. Un meurtre&#8230; Cela avait dû faire du bruit. Comment aurait-il pu en être autrement ? Il se figurait des passants surpris, arrêtés dans leur mouvement devant l’enseigne, le pied en suspens, l’oreille tendu, l’œil aux aguets.</p>
<p style="text-align: justify;">Il devait faire du bruit, faire comme si tout était normal.</p>
<p style="text-align: justify;">Non, à trois heures du matin, le vieil homme était censé dormir. Il ne devait pas faire de bruit, au contraire.</p>
<p style="text-align: justify;">Il rangea son couteau et sortit sa lampe pour tâtonner à la recherche de la bague. Elle était sûrement dans une vitrine.</p>
<p style="text-align: justify;">Il traversa le magasin le plus doucement possible. Les tables croulaient sous des objets en tout genre, placés de manière experte, de façon à bien mettre en valeur chaque pièce tout en donnant une impression de désordre. Précautionneusement, il se faufila jusqu’à un groupe de vitrines.</p>
<p style="text-align: justify;">Un bruit.</p>
<p style="text-align: justify;">Il avait entendu un bruit, il en était certain. Quelque chose avait remué. Comment était-ce possible ? Le vieillard vivait-il encore ?</p>
<p style="text-align: justify;">Il se retourna brusquement et courut presque jusqu’à la dépouille. Il était prêt à dégainer son couteau une nouvelle fois, à l’achever si besoin était.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le sang coulait goutte à goutte de la plaie. La lumière crue de sa torche lui montrait la profonde blessure que le couteau avait infligée. Impossible qu’il ait survécu. Il voulut le toucher pour s’en assurer, prendre son pouls. Mais comment placer ses doigts ? Sa carotide n’était qu’une charpie sanguinolente. C’était absurde. Cet homme était mort. Il s’empara du bras crispé, puis le relâcha immédiatement, un frisson de dégoût s’emparant de tout son être. De son faisceau, il balaya la pièce ; puis rassuré de ne rien voir d’anormal, revint aux vitrines.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle était là. Il l’avait enfin trouvée. Mais elle était enfermée. Il devait mettre la main sur les clefs. Une fois de plus, il revint vers le cadavre.</p>
<p style="text-align: justify;">Non ! Il devenait fou. Il avait entendu un bruit de pas. Un mouvement feutré, mais il en était sûr, quelque chose avait remué.</p>
<p style="text-align: justify;">Sa main se crispa sur sa torche. Il avait envie de demander qui était là. Mais il ne le pouvait pas, on risquerait de l’entendre de la rue. On trouverait ça anormal, on appellerait la police. En un éclair il imagina le tribunal, le coup de marteau suivit de la sentence, son uniforme de prisonnier, une vie au bagne&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Il cligna des yeux pour chasser ces perspectives. Allons, il n’y avait personne. C’était une illusion.</p>
<p style="text-align: justify;">Son cœur s’arrêta soudainement. Ses mains étreignirent convulsivement sa lampe, tandis qu’il s’accroupissait vivement et dirigeait le faisceau vers l’horloge marquant la demi-heure. Sa clochette aigue résonna encore quelque seconde, puis se tut.</p>
<p style="text-align: justify;">Il reprit son souffle. Presqu’une demi-heure qu’il était dans cette pièce. Non, non, il devait faire plus vite, il devait sortir. Il devait trouver les clefs. Elles étaient sûrement dans les poches du vieillard.</p>
<p style="text-align: justify;">Ecœuré, il empoigna la dépouille et la tracta par-dessus le comptoir ; mais elle refusa de venir aisément, et il dut s’y prendre à deux mains pour l’attirer à lui.</p>
<p style="text-align: justify;">Finalement, elle s’effondra mollement à ses pieds, ses bras s’écartant de son buste en des angles obscènes, comme si les vêtements qui la recouvraient n’avaient en réalité qu’été remplis avec des graines. Tout, dans la mollesse, dans la position du corps lui paraissait répugnant. Ah ! il n’aurait pas dû faire cela : il s’était taché avec le sang de sa victime. Son cerveau travaillait à cent à l’heure à la recherche d’autres méthodes, plus efficaces, plus sûres. Il était venu trop tard. Un peu après la fermeture, cela aurait été mieux. Et il aurait dû l’étrangler, le sang ça laissait trop de traces. Si seulement il avait mis des gants&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Autant de stratagèmes, de remords inutiles que son cerveau échafaudait pour changer un passé désormais irréversible.</p>
<p style="text-align: justify;">Une ombre !</p>
<p style="text-align: justify;">Il y avait une ombre qui avait bougé là-bas. Il se releva brusquement pour éclairer la zone, et ce faisant, renversa une table. Un cri lui échappa, et il se colla sa main devant sa bouche comme si par ce geste il pouvait annuler le son coupable qui lui avait échappé. Aussitôt un bruit s’éleva à droite de l’endroit où il avait aperçu l’ombre, et un vase bougea.</p>
<p style="text-align: justify;">Il recula vers la porte. Dehors, il y avait des voix. Non, non, c’était trop bête d’échouer. La mort de ce pauvre homme deviendrait inutile. Il fallait qu’il réussisse afin de donner au moins une raison à la mort du vieillard.</p>
<p style="text-align: justify;">Briser la glace.</p>
<p style="text-align: justify;">Non, il devait y avoir une alarme.</p>
<p style="text-align: justify;">Il revint une nouvelle fois vers le corps. Ses mains tremblaient, la sueur dégoulinait le long de ses tempes, glissait dans son dos, trempait ses aisselles. Le faisceau de sa lampe était pris d’une crise d’épilepsie qui éclairait alternativement des tâches de sang, la mappemonde de pierres précieuses brisée, un pantalon de couleur crème&#8230; Sa main farfouilla dans les poches du mort, et mit à jour un mouchoir encore couvert de glaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Il le rejeta avec répugnance mais son cerveau resta bloqué sur cette découverte qui prenait pour lui un sens macabre. Cet homme vivait encore un instant plus tôt. Cet homme s’était mouché, cet homme n’avait jamais songé en glissant ce mouchoir dans sa poche que ce serait la dernière fois qu’il ferait ce geste banal. Il avait brisé une vie&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne pas penser.</p>
<p style="text-align: justify;">Sa main replongea dans la poche et en extirpa les clefs.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais l’explosion d’un vase qui s’écrase sur le sol l’arracha à sa tâche et le fit reculer, une peur panique nouant ses entrailles. Il y avait quelqu’un dans la pièce. Il ne pouvait plus en douter. Il sentit la présence se déplacer derrière lui. Il allait être attaqué ! Epouvanté, il voulut faire volte face pour éclairer son agresseur, mais son pied s’accrocha sur une table, et il trébucha, s’affalant la tête la première dans une petite vitrine.</p>
<p style="text-align: justify;">Le verre céda sous son poids et dans un fracas épouvantable, il sentit sa masse pénétrer dans le meuble, tandis qu’une multitude de bris de verre perforaient sa peau.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis soudain l’air lui manqua.</p>
<p style="text-align: justify;">Ses mains tremblaient, la douleur fulgurait de partout, mais son cerveau refusait de comprendre. Sa gorge émit un bruit rauque tandis qu’il se forçait à avaler de l’air. Les bords de sa vision se brouillèrent, des lumières se mirent à danser devant lui. Ses mains battirent le vide, il eut l’idée stupide de s’agripper aux débris de la vitrine, et le verre déchiqueta la peau de ses mains.</p>
<p style="text-align: justify;">Il se sentit glisser, glisser, un voile s’abattit sur son regard, doucement, progressivement, il s’endormit.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;">***</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">— Je ne comprends pas, monsieur l’agent. Je n’ai rien entendu, déclarait une voisine.</p>
<p style="text-align: justify;">— Aucun bruit de lutte ?</p>
<p style="text-align: justify;">— Aucun.</p>
<p style="text-align: justify;">— Nous avons pourtant deux cadavres gisant dans le plus grand désordre qui nous prouvent le contraire. Regardez l’horrible blessure de ce vieillard ! Et ce pauvre homme ! Il a été propulsé dans la vitrine, et s’est égorgé sur le verre brisé. Nous avons un meurtrier fou furieux dans la nature.</p>
<p style="text-align: justify;">La voisine s’accroupit sur le sol et caressa le chat du vieux commerçant décédé.</p>
<p style="text-align: justify;">— Et un chat orphelin. Il ne quittait jamais son maître, vous savez ?</p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>Parution de Mots &amp; Légendes numéro 3 : Fantasy</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Jan 2010 15:52:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le monde connu]]></category>
		<category><![CDATA[mots&légendes]]></category>

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		<description><![CDATA[L’année commence fort, avec la sortie du troisième numéro de mots&#038;Légendes ! Celui-ci a pour thème la fantasy en général, que vous pourrez redécouvrir à travers la vision de plusieurs auteurs...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’année commence fort, avec la sortie du troisième numéro de mots&amp;Légendes ! Celui-ci a pour thème la fantasy en général, que vous pourrez redécouvrir à travers la vision de plusieurs auteurs :</p>
<p><strong>5 nouvelles :</strong><br />
&laquo;&nbsp;Le jardinier de Zèv&nbsp;&raquo; de Nicolas Chapperon, illustré par Martine Fassier<br />
&laquo;&nbsp;Meurtre à Provins&nbsp;&raquo; d&#8217;Anthony Boulanger, illustré par Martine Fassier<br />
&laquo;&nbsp;Ballade sur un air de lutte&nbsp;&raquo; de David Osmay, illustré par Didier Normand<br />
&laquo;&nbsp;Dernière chance&nbsp;&raquo; de Don Lorenjy, illustré par Skankman<br />
&laquo;&nbsp;Rupture&nbsp;&raquo; de David Osmay, illustré par Yvan Villeneuve</p>
<p><strong>4 poèmes :</strong><br />
&laquo;&nbsp;Quatre élémentaires&nbsp;&raquo; d&#8217;Anthony Boulanger, illustré par Gwenran<br />
&laquo;&nbsp;L&#8217;Ogre dans la clairière&nbsp;&raquo; de Nicolas B. Wulf, illustré par Gwenran<br />
&laquo;&nbsp;Aux fieffés fanfarons&nbsp;&raquo; de Nicolas B. Wulf, illustré par Gwenran<br />
&laquo;&nbsp;Noire thaumaturgie&nbsp;&raquo; de Nicolas B. Wulf, illustré par Gwenran</p>
<p>+ 1 interview de Yogh, propos recueillis par Luxy<br />
+ 1 article &laquo;&nbsp;La fantasy sur tous les écrans !&nbsp;&raquo; écrit par Kévin Kiffer</p>
<p>Et cela se télécharge sur le site de <a title="mots et legendes" href="http://www.motsetlegendes.com/">mots&amp;légendes</a></p>
<p>Bonne lecture !</p>
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<p class="MsoNormal">L’année commence fort, avec la sortie du troisième numéro de mots&amp;Légendes ! Celui-ci a pour thème la fantasy en général, que vous pourrez redécouvrir à travers la vision de plusieurs auteurs :</p>
<p class="MsoNormal"><strong>5 nouvelles :</strong><br />
&laquo;&nbsp;Le jardinier de Zèv&nbsp;&raquo; de Nicolas Chapperon, illustré par Martine Fassier<br />
&laquo;&nbsp;Meurtre à Provins&nbsp;&raquo; d&#8217;Anthony Boulanger, illustré par Martine Fassier<br />
&laquo;&nbsp;Ballade sur un air de lutte&nbsp;&raquo; de David Osmay, illustré par Didier Normand<br />
&laquo;&nbsp;Dernière chance&nbsp;&raquo; de Don Lorenjy, illustré par Skankman<br />
&laquo;&nbsp;Rupture&nbsp;&raquo; de David Osmay, illustré par Yvan Villeneuve</p>
<p><strong>4 poèmes :</strong><br />
&laquo;&nbsp;Quatre élémentaires&nbsp;&raquo; d&#8217;Anthony Boulanger, illustré par Gwenran<br />
&laquo;&nbsp;L&#8217;Ogre dans la clairière&nbsp;&raquo; de Nicolas B. Wulf, illustré par Gwenran<br />
&laquo;&nbsp;Aux fieffés fanfarons&nbsp;&raquo; de Nicolas B. Wulf, illustré par Gwenran<br />
&laquo;&nbsp;Noire thaumaturgie&nbsp;&raquo; de Nicolas B. Wulf, illustré par Gwenran</p>
<p>+ 1 interview de Yogh, propos recueillis par Luxy<br />
+ 1 article &laquo;&nbsp;La fantasy sur tous les écrans !&nbsp;&raquo; écrit par Kévin Kiffer</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">Bonne lecture !</p>
</div>
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			<wfw:commentRss>http://www.terres-inconnues.fr/des-nouvelles-dailleurs/parution-de-mots-lgendes-numro-3-fantasy-193/feed</wfw:commentRss>
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